Mayouri Kozé Tracé

Prix Alfred PAREPOU

A LA RECHERCHE DES HERITIERS D’ALFRED PAREPOU

Guyane 1880...
La colonie bien pensante digère, malgré elle, la libération des esclaves. Entre-temps, les coups de théâtre n’ont pas manqué. Découverte de l’or, arrivée des bagnards immigration chinoise, hindoue, élections… De quoi bouleverser nombre d’imaginaires et forcément la teneur des documents écrits. Officiels ou non. En français pour la quasi-totalité.

Et voilà que surgit, en 1885, une grenade dégoupillée. Un OVNI littéraire : « Atipa », sous l’identité de « Roman guyanais ». Scandale supplémentaire, il est rédigé en créole ! Langue jusqu’à ce jour exclue du domaine rédactionnel classique.
Mieux : on ignore qui en est l’auteur. Supputations, voire soupçons vont bon train certes : Pierre Méteyrand, Alfred de Saint-Quentin ou quelque autre lascar… ? Jamais d’aveu ou même de preuves définitives. Allez donc savoir ! L’ouvrage est édité à Paris, et ne fait point dans la dentelle. Une démolition en règle de certains clichés, une mise à mal de certitudes... Une mise en cause du pouvoir administratif et politique mais aussi des résidents. De tous les résidents ! Peu importe la race, la religion, le niveau social, le domicile… La colonie entière est sur le grill. Du jamais vu dans cette France équinoxiale. Occasion pour les critiques de clouer au pilori l’intrus. L’ouvrage demeure confidentiel. Il faut donc lire ou relire Atipa…

L’Association Mayouri, Kozé, Tracé, (MKT) se devait de saisir la balle au bond. Ce fameux « Atipa » d’Alfred Parépou ne pouvait plus faire figure de simple coup de pied dans la fourmilière. De parent pauvre de l’histoire de la culture guyanaise. Il était grand temps !

Et si son auteur : Alfred Parépou avait ouvert, tracé, un layon dans le monde du témoignage ? Ses chroniques - parce qu’elles osent aborder, dans la langue du cru, le quotidien des petites gens et de l’élite - sont une manière de poser un
« Contesté rédactionnel » inédit. L’histoire officielle ne retient que les différends territoriaux qui opposeront la France à la Hollande et au Brésil. Un inconnu nous impose le sien. Iconoclaste, à une époque où les corps se libéraient, mais où les voix demeuraient sous tutelle. Bravo et merci cher précurseur !

Autant dire que  « Mayouri, Kozé, Tracé » se réjouit de pouvoir, dès l’an 2012, compter sur des auteurs de la trempe d’un Parépou, pour sélectionner ses lauréats. Des amoureux de cette langue créole, qui a besoin de stimuli lui donnant l’occasion, l’ambition, d’apporter au monde sa spécificité. Et de ce Kozé créole guyanais, sont encore peu connus - trop peu - ses façons, son art de dire les choses, de poser les problèmes du monde, de nous faire rire, rêver, pleurer… Et de ce Tracé créole local, nous avons grand besoin de ces nouveaux regards, de ces défis, de ces coloris, voire de ces démissions pour témoigner de tout et nous aider à nous découvrir, à rencontrer le monde, à apprécier l’autre... Et par la force des choses à nous contraindre à tutoyer la vérité. A nous convertir au principe de réalité.

Le Prix Alfred PAREPOU se nourrira d’audaces, de génie, de trouvailles... Aux talents de la sphère créolophone guyanaise d’en fixer les limites !

Sully CAPEL

 

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